Homo Bellator

Pourquoi nous faisons-nous la guerre, partout, tout le temps ?

Carlos Tinoco
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À l’heure où nos armes nous donnent les moyens d’éradiquer notre propre espèce, où nos sociétés vacillent, où toutes les institutions (à commencer par l’institution familiale) implosent et apparaissent comme autant de champs de bataille, il est plus que jamais nécessaire de penser l’origine et la fonction de cette violence.

Les explications qui renvoient à l’instinct ne sont absolument pas satisfaisantes. Pourtant, même dans les sociétés préagricoles, lorsqu’aucune logique de pillage n’est à l’œuvre, la guerre reste un horizon permanent. Guerre entre les tribus ou les clans, mais aussi guerre entre hommes et femmes. Cette dernière est présente dans un très grand nombre de mythes, comme si l’ordre du monde ne pouvait s’établir que sur la victoire d’un sexe et la reddition de l’autre.

Cependant, notre espèce se caractérise aussi par son incroyable capacité à inventer des modes de vie différents, et il existe des sociétés plus pacifiques que d’autres, des champs sociaux plus apaisés. Il est donc difficile d’abandonner l’espoir d’un monde moins violent.

L’effondrement que nous vivons donne de nouvelles clés pour approcher une énigme sur laquelle les sciences humaines ont jusqu’ici buté. Le conflit ne défend pas nos identités : il les fabrique, de manière étanche, péremptoire et figée. C’est le procédé le moins coûteux que nous ayons trouvé pour nous définir et coexister, aussi bien entre peuples qu'au sein d'un couple.

Savoir comment construire autrement les sociétés comme les relations : voilà la vraie question.

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